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opérations, pour connaître tout ce qui l'environne et l'intéresse. 1 vol. in-8°. *

IV. La Boulologie, ou science de l'homme considéré comme doué de volonté, d'activité, de liberté, et des règles morales qu'il doit suivre dans ses déterminations en vue du plus grand bien. 1 vol. in-8°.

V. La Glossologie, ou science de l'homme parlant, laquelle traite du langage parlé et écrit, pour en montrer les premières origines, la formation, le développement et les progrès. 1 vol. in 8°.

VI. L'Etymologie, ou science qui apprend à saisir les rapports d'affinité et la vraie généalogie des mots, pour les ramener à leurs primitifs et tirer de là le moyen d'en fixer la vraie signification. 1 vol. in-8".

VU. La Lexicologie, où l'on fait servir la glossologie et l'étymologie à dresser les tableaux des familles principales des mots selon l'ordre de leur filiation, et qui, en présentant un plan en forme d'essai, instruit sur la méthode à suivre pour composer un vocabulaire étymologique universel. 3 vol. in-8°.

VIII. La hrarnmatologie, ou science de la grammaire générale, qui rend compte des procédés que l'homme parlant a mis en usage pour assortir son discours de toutes les espèces de mots nécessaires à l'expression de la pensée et les arranger de la manière la plus convenable pour la rendre intelligible. 1 vol. in-8°.

IX. La Mythologie, de l'origine de la Mythologie et du paganisme, et de l'explication des fables. 1 vol in-8°.

Cette partie n'a pas été complètement traitée par Chavannes ; elle devait comprendre les volumes 14 et 15 du grand ouvrage; nous avons dit que l'on n'en possédait que treize. L'abrégé ne contient que la table des matières. Le théisme, suivant Ghavannes, a été la première religion , il a dégénéré en polythéisme et en idolâtrie. Discussion de systèmes divers proposés pour expliquer l'idolâtrie. Moyens que Dieu a employés pour retirer les hommes de cet état. — Christianisme.

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Tel est le plan général de Chavannes. Il ne faut pas beaucoup de connaissances dans ces matières pour apprécier quelle masse de recherches, de documents, de faits, d'érudition en un mot, il a fallu rassembler. Une foule de questions dont la difficulté égale l'importance, se présentaient à l'auteur, sur l'état des premiers peuples, leur développement, la marche de la civilisation, l'origine des langues, leur diffusion, etc., etc.

On se rappelle quelle est la méthode de l'auteur; il procède constamment du connu à l'inconnu; l'expérience est le flambeau qui éclaire sa marche. Prenant son point de départ dans l'état actuel en toutes choses, il remonte à l'état primitif et aux éléments de l'humanité. Un esprit calme, ferme et pénétrant le préserve des vaines hypothèses. Dans la partie consacrée au langage, avec une étendue qui annonce les prédilections de l'auteur, on remarque quelquefois les tendances auxquelles conduisent ordinairement la passion des étymologies et la poursuite des racines ; mais aussi bien des aperçus ingénieux sont jetés çà et là; on découvre des perspectives nouvelles; on entrevoit des horizons inconnus. Certainement la science de l'anthropologie a fait, depuis la fin du dernier siècle, d'immenses pas, dans toutes les directions : les recherches d'érudition sur les langues anciennes, l'étude, nous dirions presque la découverte de langues parlées dans plusieurs contrées de notre globe restées jusqu'à nos jours inexplorées, les voyages, les progrès des sciences physiques, tous ces mouvements d'une civilisation dans laquelle la culture de l'esprit occupe une des premières places, ont mis à la disposition des anthropologistes des richesses dont Chavannes était privé. (*) Mais

(') Nous devons dire qu'un savant naturaliste, anthropologiste distingué, notre concitoyen, qui a eu connaissance des portions de l'ouvrage de Chavannes relatives à l'histoire naturelle, a été étonné du savoir de l'auteur dans cette partie.

(Note de M. Gindroz.)

a-t-on conçu la science elle-même d'une manière plus grande, plus vraie et mieux appropriée aux besoins du temps ? Nous ne le croyons pas. On sera surtout frappé du mérite des travaux du professeur Chavannes, si l'on considère qu'il habitait une petite ville, peu littéraire, peu savante, malgré son académie, et dans laquelle Gibbon, pour une sphère de travaux bien plus limitée, se plaignait d'être à l'étroit et dénué de ressources. Que Chavannes fût placé dans un grand centre de lumières, environné de savants et de bibliothèques, il eût trouvé non pas un plan plus vaste, mais plus de matériaux pour construire son édifice, plus d'encouragement, plus de témoins et plus d'admirateurs La publicité aurait donné à ses œuvres la vie extérieure et l'utilité dont elles sont dignes. Aujourd'hui ses manuscrits, déposés dans une bibliothèque publique, n'en peuvent pas sortir pour paraître au grand jour : quel libraire se chargerait de les éditer? Ils sont peu lus et peu consultés! C'est un monument admiré bien plus pour ses dimensions matérielles que pour sa valeur scientifique. L'abrégé qui a été publié est à peine connu, et cependant aucun ouvrage français n'est conçu d'après un plan aussi complet, et ne présente un meilleur ordre à suivre dans les grandes et belles études sur l'homme et sur l'humanité.

Pour faire connaître Chavannes dans toute l'étendue de sa valeur, je citerai encore les passages suivants du livre de M. Gindroz:

M. Chavannes a laissé un autre ouvrage manuscrit, dont le sujet appartient à ses études de prédilection : les recherches sur l'origine des langues. Le livre a pour titre : Dictionnaire étymologique de tous les mots de la langue française. Un gros volume in-quarto. Ce titre n'est pas menteur : il donne une idée exacte du travail; les mots de la langue française sont passés en revue : ceux qui ont une famille ou des dérivés, s'en trouvent accompagnes, et leur origine est expliquée souvent avec une grande justesse, souvent avec bonheur, quelquefois peutêtre avec plus d'esprit que de vérité. Il y a là une mine riche à exploiter, et les grammairiens modernes, nous dirons même ceux de l'Académie française, y trouveraient des filons d'or, qui entre des mains habiles enrichiraient la linguistique française.

Jusqu'à présent les travaux de Chavannes sur la science qu'il enseignait nous ont peu occupé, et l'on serait tenté de se demander s'il lui restait des heures à y consacrer. On se rappelle toutefois qu'il a commencé sa carrière par un ouvrage destiné aux jeunes gens qui se vouent au St-Ministère. La théologie n'a donc pas été dédaignée : qu'elle fût son étude de prédilection, c'est ce que nous ne croyons pas, mais qu'elle occupât dans sa vie la place qu'elle méritait comme étude de devoir, nous ne saurions en douter; ses travaux l'attestent positivement.

La Bibliothèque possède un manuscrit qui présente, comme l'Anthropologie, un monument de labeur. C'est un Cours complet de morale chrétienne, divisé en morale générale et morale particulière, rédigé sous la forme d'analyses de sermons sur des textes de l'Ecriture Sainte analogues à chaque matière; il y a dix volumes grand in-8°. L'ouvrage est divisé en quatre parties. Fondements de la morale; Devoirs généraux; Moyens; Motifs; il comprend quatre-vingt-onze analyses de sermons. Les feuilles du manuscrit ne sont pas toutes rangées dans l'ordre que nous venons d'indiquer; on a quelquefois un peu de peine à retrouver certains sujets. On pourrait croire que le plan général a été adapté aux analyses après la composition d'un certain nombre d'entre elles. Mais, quoi qu'il en soit, le plan n'a pas ici une grande importance; c'est dans les analyses qu'il faut chercher la valeur du livre. Or cette valeur est réelle ; les étudiants en théologie et les pasteurs ne consulteront pas ce livre sans fruit.

Cet ouvrage ne constituait pas cependant l'objet de l'enseignement principal du professeur: la dogmatique chrétienne.

Il doit exister sur ce sujet un manuscrit intitulé : Cours abrégé de théologie chrétienne, écrit en latin. 1 vol. in-8°. Le catalogue de la Bibliothèque cantonale indique ce livre; mais nous ne l'avons pas trouvé dans la collection. Cette lacune est peu à regretter, puisque Chavannes a publié son cours sous le titre de Theologiœ christianœ fundamenta et elementa. 2 vol. in-8". Lausanne 1772-73.

Cet ouvrage, publié à la demande des étudiants, est le compendium du cours de théologie qu'ils entendaient de leur professeur. Rien de remarquable, sous le rapport du progrès de la science, ne distingue cet ouvrage des autres ouvrages didactiques sur la théologie.

Le titre de l'ouvrage annonce que l'auteur fait une distinction entre les fondements et les éléments de la théologie. Les fondements sont une théorie de religion naturelle, suivie d'une étude d'une révélation considérée au point de vue général et historique. Ce dernier sujet comprend les points suivants : nécessité d'une religion révélée; — des caractères distinctifs d'une religion révélée; - de la fausse religion de Mahomet; — de la vraie religion révélée juive; — de la vraie religion révélée chrétienne; — du j udaïsme et du christianisme; — du canon de l'Ecriture; — de l'usage de l'Ecriture.

Les éléments de la théologie chrétienne sont exposés en cinq parties; dans la première, l'auteur traite de la religion, de Dieu être parfait, de Dieu créateur, de Dieu dirigeant le monde; sur ces sujets, Fauteur reprend les principes de la religion naturelle, les appuie sur de nombreux passages de l'Ecriture Sainte, réfute les adversaires du christianisme, indique enfin les applications pratiques de la doctrine. C'est sa marche constante. La seconde partie est consacrée aux anges, à leurs diverses espèces, aux bons et aux mauvais anges, à leur punition, à la question de leur rétablissement, à l'état des

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