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CHAP, III,

HÉBREUX.

Les Hébreux, ainsi nommés d'Héber, un de leurs anciens chets, établis en Égypte, comme pasteurs, depuis environ 400 ans, s'y trouvaient dans un état de servitude ou d'esclavage.

Pour les empêcher de devenir trop nombreux et trop redoutables, le Roi d'Égypte les employait à de gigantesques travaux qui les faisaient périr par milliers, ou qui ne leur laissaient pas le temps de penser à la révolte. Et quand un Ministre français d'aujourd'hui (M. Guizot) dit que la Société n'a pas d'autre garantie de stabilité que le TRAVAIL INCESSANT des prolétaires, il ne fait que répéter une maxime d'un antique Ministre égyptien, en assimilant nos Travailleurs aux esclaves d'Égypte.

Quand ceux-ci s'ameutaient ou murmuraient, on les tuait comme des mouches.

Le Roi d'Égypte fii même tuer leurs enfants nouveau-nés.

Ces Hébreux étaient donc esclaves, opprimés, abrutis, ignorants, superstitieux, crédules. - Et cependant ils avaient le cou roide, dit Moïse; ils aimaient l'indépendance, la liberté, l'égalité, et ne supportaient qu'impatiemment le joug de la servitude quand Moïse entreprit de les délivrer.

CRAP. IV.

MOISE.

Nous n'en dirons qu'un mot.

Hébreu de naissance; adopté par la fille du Roi d'Égypte ; élevé par les Prêtres égyptiens; initié dans tous leurs mystères; connaissant leurs sciences, leur philosophie, toutes leurs idées religieuses et leurs lois ; pouvant faire des miracles comme eux ; devenu populaire et puissant après une victoire remportée par lui comme Général égyptien contre une invasion étrangère ; devenu suspect comme Hébreu ; poursuivi et forcé de s'expatrier pour avoir tué un agent égyptien qui maltraitait un de ses compatriotes; Moise conçoit , dans l'exil, le projet de se dévouer au salut de ses frères, de délivrer les Hébreux, de les faire sortir d'Égypte, de les constituer en Nation, de les établir dans un autre pays dont il ferait la conquête, de leur donner une constitution et des lois, une religion et un culte, une organisation sociale et politique.

C'est un des plus grands spectacles que présente l'histoire de l'Humanité !

Et Moïse va se donner pour un Messie, c'està-dire pour un envoyé de Dieu, en communication avec lui, organe et exécuteur de ses commandements, agent de sa sagesse et de sa puissance.

Et les Hébreux, les Juifs, tout le monde chrétien, l'admettront comme tel.

Nous examinerons plus tard (dans notre 2-0 partie) si Moïse est autre chose qu'un homme de génie ; mais aujourd'hui, nous voulons aussi l'admettre comme un Messie : voyons maintenant ce qu'il fait au nom de Dieu !

Nous dirons tout à l'heure ce qu'il entend par Dieu : mais remarquons d'abord quatre actions de Moïse.

La première : il prend la défense d'un es

clave hébreu maltraité par un agent égyptien et tue celui-ci dans la lutte ; — La seconde : dans l'exil, apercevant plusieurs pasteurs qui veulent empêcher des jeunes filles de s'approcher d'un puits pour y puiser de l'eau, il brave tout pour les protéger; -La troisième: il dit à Dieu : « Prends ma vie, pourvu que ce Peuple soit sauvé ! , -La quatrième : quoique Dieu lui ait déclaré qu'il mourrait sans avoir la jouissance d'entrer dans la Terre promise, il n'en travaille pas moins à en préparer la conquête à son Peuple.

Voilà l'exemple de l'amour de la justice, de la haine de l'oppression, du dévouement à l'Humanité !

CHAP. V.

DÉLIVRANCE DES HÉBREUX.

Rentré secrètement en Égypte, à l'âge de 60 ou 80 ans, après un long exil et de longs voyages en Arabie, il commence par réunir son frère Aaron et les Anciens ou les plus influents, et leur affirme :

Que le Dieu de leurs pères, Abraham, Isaac, Jacob, a jadis fail alliance avec eux, les a choisis pour son Peuple et leur a promis l'Empire du monde ; que ce Dieu babite le ciel ; que, dans leur servitude, leurs cris sont montés jusqu'à lui; qu'il les a regardés et a connu leur servitude; qu'il s'est souvenu de son alliance avec leurs ancêtres; qu'il est descendu pour faire une nouvelle alliance avec eux, pour les délivrer et les établir dans le pays de Chanaan ( appelé depuis la Terre promise), où coulaient le lait et le miel ; qu'il lui a apparı', à lui Moïse, sur le mont Horeb dans le pays de Madia!), sous la forme d'une flamme de fou arrêtée sur un buisson; que Dieu lui a parlé et lui a dit : « Va délivrer mon « Peuple, dis-lui que c'est moi qui t'envoie et qui lui a ordonne de sortir d'Égypte. »

(EXODE, Chap. !II.)

Nous n'examinons pas les moyens qu’en:ploie Moïse

pour faire croire à sa mission divine: on y croit.

Tous les Hébreux l'acceptent pour Juge ou Prince, pour Prophète ou Messie, pour libérateur et législateur.

Nous n'examinons pas non plus les fléa 1x qui affligent alors l'Égypte et que Moïse dit envoyés par Dieu pour punir les oppresseils des Hébreux : ces fléaux prouveraient combien Dieu hait l'oppression et les oppresseurş.

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