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lissantes pour le tiers-état ; ne croyez pas, dis-je, qu'une scission préalable qui n'auroit d'autre cause qu'une tendance impérative au mieux avant de nous être saisis du bien ; une telle scission ne seroit jamais approuvée, ni par les hommes éclairés, ni par cette classe nombreuse de bourgeois et d'artisans, ni par cette classe immense de cultivateurs que nous représentons. Sur ces vingt-cinq millions d'ames dont nous avons les pouvoirs, combien en est-il qui ne deinandent que de jouir en paix, sans oppression , du modique produit de leur travail, et d'être défendus de toutes les tyrannies subalternes qui désolent le peuple ? Sacrifierezvous donc le bien que nous pouvons, que nous devons faire à la génération présente, à la postérité ; le sacrifierez-vous à la théo. rie de quelques articles de vos cahiers, lorsqu'il est en notre pouvoir de ne pas inême en compromettre les principes ? car je ne vous ai jamais proposé d'abandonner celui de l'opinion par tête, et de reconnoître le pouvoir distinctif de chaque ordre. Mais . attendez , messieurs, daignez attendre que cette prétention se manifeste en faveur des abus que nous avons intérêt de réformer. C'est alors que vous entendrez la France,

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l'Europe entiere prononcer ce jugement consolateur : les députés des communes ont raison , et leur courage mérite nos éloges.

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Tous les abus de l'aristocratie sont in soutenables chez un peuple éclairé ; et dès. qu'il a la liberté de s'assembler pour les discuter, il lui faut plus de patience et d'attention que d'effervescence pour les réformer.

Tous les bons principes , tous les moyens sages d’un gouvernement juste et prospere, sont mis en évidence; et dès-lors que ceux qui abusent et ceux qui souffrent sont appellés en confrontation, le procès est jugé par la raison et la force irrésistible de la nécessité ; car elle se trouve toujours du côté de la raison universelle. Examinez les temps qui nous ont précédés : la théocratie, le despotisme , l'aristocratie, tous les abus, tous les fléaux ont été fondés en principes par l'audace des professeurs et l'ignorance des écoliers; mais lorsque l'ignorance cesse, l'audace ne peut plus rien.

Dans une telle position, et c'est la nôtre, si les trois ordres de la nation pouvoient être représentés par trois hommes modérés et éclairés , tel qu'il y en a beaucoup dans

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chaque ordre, toutes les dissensions seroient promptement terminées au grand avantage de la nation. Mais les ordres privilégiés sont arrivés avec l'inquiétude d'une trop grande réduction dans leurs prérogatives, et les communes avec le sentiment de leurs forces et l’impatience d'en jouir.

Les mandats impératifs , les pouvoirs limités, sont les plus grands obstacles qu'on puisse apporter à une sage constitution. S'ils avoient prévalu dans toutes les assemblées des bailliages, on réduisoit l'assemblée nationale à une collection de procurations discordantes , qui ne permettoient aucun plan commun, aucune opération salutaire. Ceux des députés qui s'y sont soumis se sont , sans doute , imposé de grandes entraves. Mais les états généraux doivent-ils y avoir égard ? c'est ce que je ne crois pas.

Le droit d'opinion par tête est certainement notre sauve-garde contre les prétentions négatives des deux premiers ordres ; et sous ce rapport, nous ne devons pas nous en départir.

Mais le clergé et la noblesse y accéderontils avant de savoir jusqu'où l'on veut aller dans les réclamations des communes, doni

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ces deux ordres craignent l'exagération ? Il faudroit donc un accord préalable , et tel est l'expédient que je crois praticable.

Premiérement, la vérification commune des pouvoirs, qu'on a éludée jusqu'à présent, ne peut être plus long-temps différée ; et quelque exemples qu’on allegue au contraire , quelles que soient les prétentions ultérieures de part et d'autre , il n'est pas soutenable de la part des deux premiers ordres de se refuser à une reconnoissance mutuelle , à une législation commune des pouvoirs de tous les députés. Si la scission avoit lieu par cette cause, ce que je ne pense pas, elle ne pourroit jamais être imputée aux députés des communes.

Mais cette vérification faite, ou pendant l'opération, comment opérer le rapprochement subsequent , la réunion des trois ordres ?

Je n'imagine d'autre moyen que de traiter par commissaires de tous les points contestés, de toutes les bases, desirables de constitution ; et comme je ne doute pas que notre assemblée ne s'arrête précisément à ce qui est juste et utile à tous, sans offense pour aucune classe de citoyens, il n'y aura plus de prétexte plausible de la part du clergé et de la noblesse, pour se refuser à une délibération commune.

En procédant ainsi sur chaque objet principal, en faisant précéder la délibération commune d'une discussion par commissaires, on arriveroit peut-être à quelque réforine marquante, à quelque établissement utile que les deux premiers ordres pourroient contester ; mais s'ils emploient leur prétention d'ordre à toute autre chose qu'a se défendre de l'oppression , ils seront sans forces, sans moyens pour la soutenir.

On impute aux communes de vouloir détruire tous les droits , toutes les prérogatives qu'elles ne partagent pas. Cette calomnie s'accrédite et met en défense le clergé et la noblesse : mais elle sera bientôt anéantie par des explications amiables, par des discussions de commissaires ; et lorsque nous aurons bien démontré que nous sommes fermement attachés à un gouvernement monarchique , à tous les pouvoirs législatifs, aux distinctions, à la hiérarchie que comporte un tel gouverne. ment, on ne prendra plus des digressions oratoires pour des principes , et des phrases mal interprétées pour un væu général.....

Cette seule parole : nous sommes les re

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