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monter à d'autres principes , peut-être et probablement ne serois-je pas de son avis ; et certes il n'y a que la nécessité la mieux démontrée qui puisse justifier la prohibition de tel cominerce et de telle culture. Mais je n'ai été appellé à partir que des bases du comité : qu'il déclare que la situation de nos finances nous permet de nous passer de ces 30 millions provenant de la consommation du tabac ; qu'il déclare surtout que tous les autres impôts seront plus équitables, et tout; polémique entre nous cessera. Je ne craindrai plus alors que la culture soit libre, étant bien assuré que presque personne-ne cultivera , et que nos relations avec l'Amérique septentrionale ne seront point anéanties. Son

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Les quakers qui ont fui les persécuteurs et les tyrans ne pouvoient que s'adresser avec confiance aux législateurs qui, les premiers, ont réduit en loix les droits de l'homme ; et la France régénérée, la France au sein de la paix dont elle recommandera l'inviolable respect, et qu'elle desire à toutes les autres nations, peut devenir aussi une heureuse Pensylvanie. Comme systême philantropique, vos principes obtiennent notre

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admiration' ; ils nous rappellent que le premier berceau de chaque société fut une famille réunie par ses moeurs, par ses affections et par ses besoins. Eh! sans doute , les plus sublimes institutions seroient celles qui , créant une seconde fois l'espece humaine', la rapprocheroient de cette premiere et vertueuse origine.

L'examen de vos principes , considérés comme des opinions, ne nous regarde point; nous avons prononcé. Il est une propriété qu'aucun homme ne voudroit mettre en commun , les mouvemens de son ame, l'élan de sa pensée ; ce domaine sacré place l'homme dans une hiérarchie plus relevée que l'état social. Citoyen, il adopte une forme de gouvernement; être pensant, il n'a de patrie que l'univers. Comme principe religieux, votre doctrine ne sera point l'objet de nos délibérations; les rapports de chaque homme avec l'être d'en haut sont indépendans de toute institution politique; entre Dieu et le coeur de chaque homme, quel gouvernement oseroit être l'intermé. diaire ? Comme maximes sociales, vos réclamations doivent être soumises à la discussion du corps législatif. Il examinera si la forme que vous observez pour constater les

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„naissances et les mariages donne assez d'au: thenticité à cette filiation de l'espece humaine , que la distinction des propriétés rend indispensable, indépendamment des bonnes maurs ; il discutera si une déclaration dont la fausseté seroit soumise aux peines établies contre les faux témoins, et les parjures ne seroit pas un véritable faux

serment. " Estimables citoyens , vous vous trompez ;

vous l'avez déjà prêté, ce serment civique que tout homme digne d'être libre a plutôt regardé comme une jouissance que comme un devoir. Vous n'avez pas pris Dieu à témoin, mais vous avez attesté votre conscience ; et une conscience pure n'est - elle pas aussi un ciel sans nuage ? Cette partie de l'homme n'est-elle pas un ravon de la divinité ? Vous dites encore qu'un article de votre religion vous défend de prendre les armes et de tuer , sous quelque prétexte que ce soit ; c'est sans doute un beau prin. cipe philosophique que celui qui donne en quelque sorte ce culte à l'humanité; mais prenez garde que la défense de soi-même et de ses semblables ne soit aussi un devoir religieux. Vous auriez donc succombé sous les tyrans? Puisque nous avons conquis la li

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berté pour vous et pour nous, pourquoi re-
fuseriez - vous de la conserver ? Vos freres
de la Pensylvanie, s'ils avoient été moins
éloignés des sauvages, auroient-ils laissé
égorger leurs femmes , leurs enfans et leurs
vieillards , plutôt que de repousser la vio-
lence ? Et les stupides tyrans, les conqué-
rans féroces, ne sont-ils pas aussi des sau-
vages!

L'assemblée discutera toutes vos deman-
des dans sa sagesse ; et si jamais je ren-
contre un quaker, je lui dirai : mon frere,
si tu as le droit d'être libre, tu as le droit
d'empêcher qu'on ne te fasse esclave. Puis-
que tu aimes ton semblable , ne le laisse
pas égorger par la tyrannie ; ce seroit le
tuer toi-même. Tu veux la paix ; eh bien!
c'est la foiblesse qui appelle la guerre ; une
résistance générale seroit la paix univer-
selle.

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On doit être heureux dans vos états, sire (1); donnez la liberté de s'expatrier à

(1) Cette lettre, que Mirabeau avoit écrite au roi de Prusse actuel , le jour de son avènement au trône, fur 1e à la tribune de l'assemblée par l'auteur lui-même, à l'occasion d'un projet de loi du comité de constitu• tion sur les émigrans.

quiconque n'est pas retenu d'une maniere - légale par des obligations particulieres ; donnez par un édit formel cette liberté. C'est encore là une de ces loix d'éternelle équité que la force des choses appelle , et qui vous fera un honneur infini, et ne vous coûtera pas la privation la plus légere ; car votre peuple ne pourroit aller chercher ailleurs un meilleur sort que celui qu'il dépend de vous de lui donner ; et s'il pouvoit être mieux ailleurs, vos prohibitions de sor. tie ne l'arrêteroient pas. Laissez ces loix à ces puissances qui ont voulu faire de leurs états une prison, comme si ce n'étoit pas le moyen d'en rendre le séjour odieux. Les loix les plus tyranniques sur les émigrations n'ont jamais eu d'autre effet que de pousser le peuple à émigrer contre le veu de la nature, le plus impérieux de tous peut-être qui l'attache à son pays. Le Lapon chérit le climat sauvage où il est né : comment l'habitant des provinces qu’éclaire un ciel plus doux penseroit-il à les quitter , si une adıninistration tyrannique ne lui rendoit pas inutiles ou odieux les bienfaits de la nature ? Une loi d'affranchissement , loin de disperser les hommes, les retiendra dans ce qu'ils appelleront alors leur bonke por

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