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AVIS. Vu les traités internationaux relatifs à la propriėlė littéraire, on the peut niinfimer ni traduire cet ouvrage sans l'autorisation de l'auleur et de l'éditeur.

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DE LA

FOI CATTIOLIQUE

CONTRE LES GENTILS,

PAR

SAINT THOMAS D'AQUIN,

LE DOCTEUR ANGÉLIQUE,

Traduction avec le texte latin, accompagnée de notes nombreuses

et suivie d'une table analytique complète,

PAR M. L'ABBÉ P.-F. ÉCALLE,
Caré de Marigny-le-Châtel, ancien professeur de philosophie du grand-séminaire de Troyes.

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AVERTISSEMENT.

Il nous semble utile de revenir sur la préface mise en tête de cet ouvrage. Ladiscussion élevée entre les Ralionalistes catholiques et les Traditionalistes a pris de telles proportions, depuis que nous l'avons écrite, qu'il est nécessaire d'exprimer sa pensée avec précision, lors même qu'on n'aborde la question qu'en passant.

Nous n'avons jamais eu l'intention d'enlever à la raison humaine les droits légitimes qu'elle tient de Dieu même, dont elle émane. Cependant, comme les termes que nous avons employés en lui posant des limites pourraient paraître trop absolus, nous pensons devoir les expliquer.

Quand nous disions : « L'expérience nous a depuis longtemps prouvé que la raison humaine s'égare infailliblement quand elle veut marcher seule. Il lui laut nécessairement un guide, et jamais elle ne sera sûre d'avoir rencontré la vérité, si elle n'a pas le soin de soumettre ses découvertes au contrôle de la Foi. La Foi est un flambeau qui nous montre la route, et nous empêche de nous engager dans les voies de l'erreur; c'est la pierre de touche qui nous fait discerner le vrai et le faux et nous en découvre le mélange » (page 6), nous avions en vue ces pbilosophes naturalistes, qui veulent isoler entièrement la raison de la Révélation, et se flattent d'arriver, sans le secours de cette dernière, à se faire un système complet comprenant toutes les vérités nécessaires à l'homme pour former sa conscience et atteindre à sa fin. Or, l'expérience nous autorise à dire que cette prétention est une orgueilleuse folie. Qui donc comptera les aberrations de ces sages! Qui pourra les suivre dans leurs écarts1 Et si la raison est un guide si sûr, comment tous ceux qui n'ont voulu suivre qu'elle ont-ils pu aboutir à l'erreur par tant de sentiers divers ? Nous sommes donc en droit de leur dire avec Bossuet : « Considérez où vous êtes et en quelle basse • région du monde vous avez été relégués. Voyez cette nuit profonde, ces té• nèbres épaisses qui vous environnent, la faiblesse, l'imbécillité, l'ignorance de · votre raison » (1).

Nous croyons, et nous avons dit très explicitement, que la raison peut démontrer avec certitude, et sans le secours de la Révélation, plusieurs vérités fondamentales et les premiers principes qui précédent la Foi et y conduisent. Telles sont l'existence, l'unité et l'éternité de Dieu, la spiritualité de l'âme, et, par conséquent, son immortalité, la liberté de l'homme (2). La raison,

(1) Sermon sur la divinité de la Religion. 12, Deum esse, et alia hujusmodi, quæ per rationem naturalem nota possunt esse do

en effct, a été donnée à l'homme comme une faculté essentielle de sa nature, puisqu'on le définit un animal raisonnable. Il lui est donc permis d'en faire usage, et par là même elle a nécessairement un objet, qui ne peut être que la vérité. Mais comme la raison est purement naturelle, son domaine ne s'étend pas au-delà de l'ordre naturel, et il en eût été de même, si l'homme eût conservé avec l'innocence l'intégrité dans laquelle il avait été créé ; seulement ce domaine s'est trouvé considérablement restreint par suite de sa déchéance.

Vouloir conserver la raison comme faculté et la réduire à une impuissance absolue, comme l'ont fait Luther et d'autres docteurs, dans les commencements de la grande révolte protestante (3), ce serait contredire la Sainte Ecriture,qui reconnaît à l'homme ce magnifique privilége. Nous en trouvons les titres authentiques dans les passages suivants : « Tous les hommes voient Dieu, chacun le • contemple de loin (4). » La grandeur et la beauté de la créature peuvent faire

connaître le Créateur en le rendant visible (5). - S. Paulet S. Barnabé, pour détourner les habitants de Lystre de leur offrir des sacrifices, leur adressent ces paroles : • Dieu qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment,

et qui, dans les temps passés, a laissé marcher toutes les nations dans leurs • voies, n'a point cessé de se rendre témoignage à lui-même, en faisant des

cendre ses bienfaits du ciel, en dispensant les pluies et les saisons qui don- nent les fruits, en nous accordant une nourriture abondante et remplissant • nos cæurs de joie (6). » Et l'apôtre dit encore : « Depuis la création du monde,

on aperçoit, en le découvrant par les choses qui ont été faites, ce qui est in« visible en Dieu, de même que sa puissance éternelle et sa divinité (7). „ Ainsi donc, d'arès les Livres Saints, le spectacle de la nature peut suffire à l'homme pour s'élever à la connaissance du Créateur, dont lu Providence éclate dans l'ordre admirable qui brille dans ce vaste univers.

On pourrait apporter aussi de nombreux témoignages des Saints Pères en

Deo, ut dicitur Rom., I, non sunt articuli fidei, sed præambula ad articulos. Sic enim fides præsupponit cognitionem naturalen, s.cut gratia naturam, et ut perfectio perfectibile: Nihil jamen prohil et illud quod secundum se demonstrabile est et scibile, ab aliquo accipi ut cred bile, qui demonstrationem non capit (S. Thom., Summ, theol., 1p.. 4. 2, ad prinum).

(3) Leibnitz en fait l'aveu en ces termes : « Reformatores, ac Lutherus prxcipue, locutiquandoque sunt quasi philosophiam on nivo rejecerint, fideique inimicam esse judicu. verint Disserl, de conformitate fi ei cum ratione),

14) Omnes hommes vident eum, unusquisque intuelur procul (Job, xxxv, 25).

15: A magnitudine enim speciei et creaturæ cognoscidililer poterit Creator horum videri (Sap., 111, 5).

(6) (Deus) qui fecit cælum, el terram, el mare, et omnia quæ in eis sunt ; qui in præteritie generationibus dimisit omnes gentes ingredi rias suus, et quidem non sine lestimonio semetipsum reliquit, berefaciens de calo, dons pluvias et lemp.oru fructifera, implens cibo el lætilia corda nos. Iro (Act., xiv, 14-16).

17) Invisibilia enim ipsius, a creatura mundi, per ea quæ facla sutil intellecta, conspiciuntur , sempiterna quoque ejus rirtus et divinitas (Rom., 1, 20).

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