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de son père, qui ne le connoissoit pas. Médée lui prépare un breuvage d'aconit, venin sorti, dit-on, de la gueule de Cerbère.

Il est dans cette contrée une caverne profonde dont l'entrée est presque impénétrable. C'est de cet antre affreux qu'Hèrcule arracha Cerbère avec une chaîne de diamant, malgré les efforts qu'il fit pour ne point voir la lumière du jour. Ce monstre à trois têtes fit retentir l'air de ses hurlemens, et exhala en écumé sa rage et sa fureur. Cette écume s'épaissit, et, nourrie par la terre, se changea en une plante venimeuse qui croît sur les rochers.

Égée, par le conseil de son épouse, présenta ce poison à son hôte, qu'il prenoit pour un ennemi caché. Thésée étoit sur le point d'avaler cette liqueur funeste, lorsqu'Égée, jetant les yeux sur la garde de son épée, reconnut sur le pommeau d'ivoire les armes de sa maison, et renversa la coupe fatale. Médée se déroba au châtiment dû à son crime, en se couvrant d'un nuage qu'elle fit naître par ses enchantemens.

FABLE X.

Les Athéniens célèbrent le jour où Thésée a évité les poisons de Médée.

LE

E père, quoique charmé d'avoir retrouvé un tel fils, est cependant encore effrayé du crime qu'il a été sur le point de commettre sans le savoir: il marche aux autels des dieux; il immole des victimes pour leur rendre graces, et invite le peuple à partager sa joie. Jamais aucun jour ne fut plus solemnel que celui du retour de Thésée : les Athéniens le célèbrent par des danses, des festins; ils chantent les exploits de ce héros,

Les monstres étouffés, et les brigands punis,
Procruste, Cercyon, et Sciron, et Sinis,
Et les os dispersés du géant d'Épidaure,
Et la Crète fumant du sang du Minotaure *.

*Vers de Racinę ( Phèdre, acte 1, sc. 1), qui rendent à peu près le sens des vers d'Ovide.

R

FABLE X I.

Minos, ayant déclaré la guerre aux Athéniens, demande inutilement du secours à Éacus.

par

CEPENDANT (tant il est vrai qu'il n'est point de joie sans mélange) le plaisir que goûte Égée en recouvrant son fils, est troublé la guerre que lui déclare Minos pour venger sur les Athéniens la mort d'Androgée. La flotte nombreuse du roi de Crète parcourt rapidement les isles de cette mer, et rassemble des secours de toutes parts. Minos en demande ́aussi à Éacus, fils de Jupiter et d'Égine, et qui a donné le nom de sa mère à son isle, appelée auparavant Enopie. Télamon, l'aîné des fils d'Éacus, Pélée, le premier après Té lamon, et Phocus, le plus jeune de tous, volent au devant de ce héros célèbre, qu'ils étoient jaloux de connoître : leur père même, malgré le poids de l'âge, se hâte d'aller à la rencontre d'un si grand homme, et lui demande la cause de son arrivée. Minos soupire

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