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Le bourg est changé en étang, la cabane

de Baucis et de Philémon en un temple, el eux-mêmes en arbres.

BIENTÔT ils étoient arrivés au sommet du mont. En se retournant , ils virent un étang à la place du bourg : toutes les maisons, excepté la leur', avoient disparu. Peu de momens après ils n'apperçoivent plus leur cabane; elle étoit changée en un temple magnifique : les foibles appuis qui la soutenoient sont remplacés par

de superbes colonnes; le toit, auparayant couvert de chaume , est tout rayonnant d'or; la plus belle sculpture en décore les portes augustes, et toute l'enceinte est pavée de marbre.

Ils étoient encore dans l'étonnement et l'admiration, lorsque Jupiter leur dit : Sage vieillard, et vous , digne épouse d'un mari si vertueux, demandez-moi avec assurance ce qui pourroit faire votre bonheur.

Philémon, après avoir consulté Baucis , répondit : Tous nos desirs seroient satisfaits si vous nous permettiez de devenir les prêtres de ce nouveau temple; et comme nous avons toujours vécu ensemble dans une parfaite union, nous souhaiterions aussi que le même jour nous vît mourir ensemble l'un et l'autre: accordez-moi la grace dhe ne voir jamais le bûcher de mon épouse ; et qu'elle , de son côté, n'ait point la douleur de me rendre les derniers devoirs.

Leurs væux furent exaucés. Tandis qu'ils ont vécu , ils ont été les ministres du temple, Arrivés à une extrême vieillesse , un jour, devant le parvis, ils racontoient à des étrangers l'histoire de ces lieux: Baucis vit le corps de Philémon se charger de feuilles, et Philémon remarquoit en elle le même prodige ; tous deux sentoient leurs pieds, changés en racines, s'attacher à la terre ; l'écorce, par degrés, montoit en les enveloppant de toutes parts, et gagpoit bientôt jusqu'à leur bouche; à peine purent-ils prononcer en même temps le dernier adieu, et tout-à-coup les spectateurs pe virent plus que deux arbres voisins.

On les montre encore. Leur aventure m'a été attestée par

des vieillards respectables, qui

n'avoient aucun intérêt à me tromper. J'ai vu les branches de ces arbres sacrés ornées de fleurs et de guirlandes. Je m'empressai d'y suspendre aussi mes offrandes , en disant : C'est ainsi que les dieux récompensent la piété, et que ceux qui les ont honorés pendant leur vie sont eux-mêmes honorés après leur mort.

F A B L E XI X.

Protée prend différentes formes. Érésichthon

méprise Cérès.

Le récit de Lélex frappa toute l'assemblée, et l'autorité d'un tel homme donnoit du poids à ses paroles ; Thésée sur-tout l'avoit écouté avec beaucoup d'attention.

Le dieu du fleuve, voyant que ce héros aimoit à entendre les merveilles que les dieux ont opérées, lui dit : Il en est qui, changés une fois , ne subissent jamais une seconde métamorphose, et c'est le plus grand nombre: mais il en est aussi qui peuvent changer souvent de forme; et vous avez reçu ce privia lége, divin Protée ?, habitant des vastes mers : on vous a vu transformé, à votre choix, en jeune homme, en lion, en sanglier, en serpent, en taureau ; vous devenez tour-a-tour arbre et rocher : tantôt, métamorphosé en ondes, vous formez un fleuve ; tantôt vous vous cachez sous la forme de l'élément contraire.

La femme d'Autolycus , cette fille d'Érésichthon, n'a pas moins de pouvoir. Son père affectoit pour les dieux un mépris sacrilége, et ne brûloit jamais d'encens sur leurs autels; il osa même porter la cognée dans un bois consacré à Cérès. Au milieu de ce bois étoit un vieux chêne très-élevé, dont les branches étoient toujours ornées de guirlandes, de rubans, et de tableaux qui retraçoient l'histoire des prodiges qu'avoit opérés la divinité de ce lieu. Les dryades venoient souvent danser sous ce chêne; souvent elles se tenoient par la main pour former un grand cercle autour du tronc, qui avoit quinze coudées de circonférence. Il surpassoit autant les autres arbres qu'ils surpassent eux-mêmes l'herbe et les roseaux.

Cependant, loin de le respecter, Érésichthon fut assez impie pour ordonner à ses domes

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