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le voyage que Pitthée mon père me fit entreprendre en Phrygie, où régna Tantale son aïeul. Non loja de cet endroit est un étang fréquenté par les oiseaux aquatiques : mais c'étoit autrefois une terre solide et habitée. Jupiter y descendit autrefois avec Mercure, déguisés tous deux en simples voyageurs. Ils demandèrent à tous les habitans l'hospitalité : tous refusèrent de les recevoir. Ils ne trouvèrent d'asyle que dans une simple cabane couverte de chaume et de roseaux:c'étoit celle de Baucis et de Philémon. Ces deux époux avoient passé ensemble leur jeunesse ; ils ayoient vieilli ensemble dans cette humble demeure : ils y avoient appris à se passer des richesses et à vivre contens dans leur pauvreté. On ne connoissoit sous cet heureux toit ni maîtres ni domestiques : ils étoient tout l'un pour l'autre; eux seuls composoient toute leur société, et chacun d'eux commandoit et obéissoit.

Lorsque les dieux eurent passé en se courbant le seuil de la chaumière, Philémon leur offrit des siéges pour se reposer, ét Baucis eut l'attention de jeter sur ces siéges un vieux tapis. Elle s'approche ensuite du foyer, écarte la cendre , ranime le feu de la veille en y jetant des feuilles et de l'écorce d'arbre, et de son souffle excite la flamme, qu'elle a soin d'entretenir avec des branches sèches. Elle met dessus un petit vase d'airain, et arrache les feuilles des légumes que son époux a cueillis dans le jardin. Philémon, de son côté, saisit avec une fourchette de fer un morceau de lard suspendu depuis long-temps aux solives enfumées ; il en coupé une partie, et la plonge dans l'eau bouillante.

FABLE X V I I.

Jupiter et Mercure se font connoître de

leurs hôtes. En attendant que tout soit prêt, les deux époux, pour empêcher leurs hôtes de s'ennuyer, s'entretiennent avec eux. On voyoit une sorte de euyette de bois dont l'anse étoit sus-pendue à l'un des coins de la cabane; on l'emplit d'eau tiède pour laver les pieds des voyageurs. Sur une couche de bois de saule on fit un lit de feuilles et de mousse, que

l'on couyrit de quelques haillons; encore ne servoient

etan

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195 als que dans les jours de fête et pour les répas d'appareil. Les dieux s'assirent dessus.

Baycis, d'une main foible et tremblante, place la table, dont l'âge avoit raccourci nani des pieds : le débris d'un vase d'argille cornis gea cette inégalité, et la table fut iessuyée avec de la menthe, dont l'odeur est forte et agréable. On servit d'abord des olives et des fruits de cornouiller conservés dans de la saumure, de la chicorée, diverses racines, du fromage frais, et des deufs légèrement cuits sur un feu cloux ; tout cela dans des vases de terre. On présenta aussi le vin dans un vase de pareille matière, et on le vevsa dans des coupes dont l'intérieur étoit enduit:de cire jaune. A ce sera vice succédèrent des mets plus solides, et on rapporta du vin peu recommandable par la vieillesse. Un moment après, on vit paroître dans des corbeilles un dessert composé de noix, de fruits de palmier , de prunes, de pommes et de raisins vermeils : au milieu, les deux vieillards placèrent un rayon de miel blanc. Ce repas frugal fut assaisonné par des manières gracieuses, par un air ouvert et de bonne volonté, par cette politesse du caur qui donne du prix à tout.

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:. Cependant le vase qui contenoit le vin se remplissoit à mesure que les dieux en versoient. Étonnés de ce prodige, Baucis et Philémon se jettentà genoux, et prient leurs diving hôtes d'excuser la modieité de ce

repas.

Ils avoient un oison, unique gardien de leur de meure, et ils se préparoient à l'immoler à leurs immortels convives. L'oiseau, d'une aile légère, échappe à leur lente poursuite , se sauve auprès des dieux, et semble se mettre sous leur protection. Les dieux lui accordent la vie. : Vous voyez, dirent - ils aux époux, deux divinités. Nous allons punir l'impiété de yos voisins : vous seuls n'avez rien à craindre; quittez seulement votre demeure, suiveznous, et gagnez promptement le sommet de cette montagne.

Les vieillards obéissent, et, précédés par les dieux, ils tâchenti, à l'aide d'un bâton, d'assurer leurs pas chancelans et de franchir çe mont escarpé, malgré le poids et la lenteur de l'âge.

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