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Et les Seize éperdus , l'Hébreu saisi d'horreur,
Vont cacher dans la nuit leur criine el leur terreur.

ces feux, ce bruit épouvantable,
Annonçoient à Valois sa perte inévitable , etc.

Ces tonnerres,

Horace fait une description peu agréable d'un sacrifice magique, me dira-t-on , et cependant il peut passer pour le dieu du goût. Je conviens de tout cela : mais on doit faire attention

que

c'est une plaisanterie d'Horace, qui ne tire point à conséquence, et qui peut passer sur-tout dans sa langue, lorsqu'on voit qu'il a voulu rire. Cette folie est trèscomique, et pleine en même temps de sel, de malice et de philosophie. Il vouloit se moquer d'une certaine Canidie, qu'il prend plaisir à représenter par-tout comme une magicienne. Nous placerons ici cette pièce pour égayer le lecteur.

IN

C A NI DI A M.

OLIM truncus eram ficulnus, inutile lignum,
Cùm faber, incertus scamnuin faceretne Priapum,
Maluil esse deum. Deus inde

ego,

furum aviumque
Maxima formido : nam fures dextra coërcet;
Ast importunas volucres in verlice arundo
Terret fixa, vetatque novis considere in hortise

Huc priùs angustis ejecta cadavera cellis
Conservus vili portanda locabat in arca:
- Hoc miseräe plebi stabat conimune sepulcruin,
Pantolabo scurræ,

Noinentanoque uepoti.
Mille pedes in froņte, trecentos cippus in agruin

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Nam, displosa sonat quantùm vesica , pepedi
Diffissâ nale ficus. At illæ currere in Urbem :
Canidiæ dentes , altum Saganæ caliendruin
Excidere , atque berbas atque incantata lacertis
Vincula, cum magno risuque jocoque videres.

(Satyr. lib. I, sat. 8.)

Voici la traduction de cette satyre par Batteux:

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« Jadis je n'étois qu'un tronc de figuier, bois inu« tile: l'artiste, voulant me mettre en oeuvre,

et ne a sachant s'il feroit de moi un banc ou un Priape ,

prit le parti d'en faire un dieu. Ainsi, graces à a son ciseau, je suis dieu , et le dieu qui fait trembler « les voleurs et les oiseaux. Mon bras armé effraie « les voleurs , et ce roseau qui branle sur ma tête « fait peur aux oiseaux, et les empèche de se poser « dans ces jardins nouvellement dressés.

« Autrefois les esclaves apportoient en ce lieu leurs « camarades morts, dans un tombereau de louage : « c'étoit la sépulture de la canaille , du bouffon Pan« tolabus, du debauché Nowentanus; et il y avoit « une colonne qui portoit : Ce terrain de mille pieds a en long, et de trois cents en large , ne pourra « être revendiqué par les héritiers. Aujourd'hui ces « lieux sont rians , sains : on s'y promène sur d'a

gréables terrasses : on n'y voit plus ces objets hi« deux, ces tas d'os blanchis et desséchés.

« Que j'ai eu de peine à en écarter les voleurs et ce les oiseaux ! Mais ce qui m'a coûté beaucoup plus « encore, ce sont ces femmes maudites qui boule

C

« versent les têtes des hommes par leurs breuvages et « leurs enchantemens. Je n'ai même pu encore les « exterminer tout-à-fait. Dès que la Lune paroît, elles « viennent ramasser des os , et cueillir des herbes « magiques.

« J'ai vu moi-même Canidie , avec une robe noire « retroussée , les pieds nus

les cheveux épars , « pousser des hurlemens; et avec elle une autre soru cière encore plus misérable. Toutes deux, pales et « hideuses , creusèrent la terre avec leurs ongles, « déchirèrent avec leurs dents une brebis noire, dont celles firent couler le sang dans la fosse., pour y « attirer les mânes qu'elles vouloient interroger. Il y « avoit deux effigies : l'une de laine, et l'autre de « cire. La première , plus grande, chatioit l'autre: « celle-ci étoit en posture suppliante, comme un « esclave qui va périr. Alors une des sorcières se « mit à invoquer Hécate, l'autre la cruelle Tisi« phone; voilà aussitót les monstres et les serpens in« fernaux qui paroissent et se traînent sur la terre. « La Lune rougit de ces horreurs, et se cache dercrière les tombeaux, pour n'en être pas témoin. « Si j'ajoute un mot au vrai, je veux que les cor« beaux et les biboux viennent fienter sur ma face; « que les Julius , les Pediatia, les Voranus, viennent « faire toutes sortes d'ordures autour de moi.

« Dirai - je comment les ombres s'entretenoient « avec Sagane , et poussoient de perits cris aigus et

plaintifs; comment ces sorcières enterrèrent tout, « à-coup une barbe de loup avec des dents de cou« leuvre, et que le feu prit à l'image de cire ? Mais « si j'ai été effrayé de voir et d'entendre tout ce qui « fut dit et fait par ces deux furies , je m'en suis « bien vengé. Mon derrière de bois se fendit, et fit «c le bruit d'une vessie qui se crève. Vous eussiez ri w alors de les voir courir, se sauver à la ville, et c laisser tomber, l'une ses dents, l'autre ses cheveux a postiches, ses herbes magiques, et ses lacets eno chantés. »

? Faites en sorte que je puisse le remplacer par un nouveau sang qui lui rende toute la vigueur de la première jeunesse. L'ingénieux Érasme applique cette fable aux chymistes. Un autre l'applique à ceux qui se mêlent de corriger d'anciens exemplaires , et qui les corrompent.

Érasme avoit fait une application aussi heureuse de la fable de Cadmus. On sait que ce héros fut le premier qui apporta des caractères d'écriture de la Phénicie dans la Grèce, et qui enseigna l'art d’écrire. Érasme dit que les dents de serpent sont ces mêmes caractères, qui sont, entre les mains des gens de lettres, des armes dont ils se frappent mutuellement.

8 Junon, irritée contre cette isle, qui portoit le nom de l'amante de Jupiter, y envoya une peste affreuse, etc. Ovide, dans ce tableau des ravages de la peste, a imité Virgile autant qu'il a pu. Pour le plaisir de ceux qui entendent la langue latine, nous placerons dans cette note le texte de Virgile et celui d'Ovide, afin qu'on puisse plus aisément les comparer.

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