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gagnés par les Anglais qui ne subirent cette influence que vers 11" ; les deux armées gouvernaient à peine à cette heure. Une petite fraîcheur de S.-E. s'étant élevée vers midi, le commandant en chef renouvela l'ordre de se former en bataille sans avoir égard aux postes, et comme le vent hâlait l'Est, il se dirigea sur Fréjus, et fit ensuite le signal de commencer le feu aussitôt que cela serait possible. Les vaisseaux ennemis les plus avancés étaient alors à portée de canon; mais, soit que les uns et les autres se jugeassent encore à une trop grande distance, soit que les positions relatives ne permissent pas d'exécuter cet ordre, la canonnade ne commença qu'à midi 15". Quelques-uns des vaisseaux français de l'arrière-garde furent attaqués vigoureusement par les vaisseaux de tête de l'armée ennemie, et l'Alcide, comme serre-file, eut à combattre le VicroRy, le CULLoDEN et le CUMBERLAND. Les frégates la Justice, capitaine Dalbarade (Jacques), et l'Alceste, capitaine Hubert, reçurent l'ordre de prendre ce vaisseau à la remorque ; et comme l'Alcide était écrasésous le feu de l'ennemi, signal fut fait aux vaisseaux les plus rapprochés de favoriser la manœuvre des frégates. L'Aquilon mit en panne ; mais s'apercevant que le feu était à bord de l'Alcide, il orienta promptement. Un incendie s'était en effet déclaré à bord de ce vaisseau et il se propageait avec une rapidité telle, que les Anglais eux-mêmes durent s'éloigner pour ne pas être incendiés. A 3" 30", l'Alcide sauta ayant encore à bord près de la moitié de son équipage; le reste avait été recueilli par des embarcations anglaises. Le capitaine Leblond fut une des victimes de cette catastrophe (1). L'Aquilon, le Généreux, le Berwick et le Tyrannicide prirent seuls

-(1) M. James, The naval history, etc., dit que l'Alcide avait amené son pavillon à 2" et que l'incendie n'eut lieu qu'un quart d'heure après, J'ai relaté l'événement d'après le rapport du commandant en chef (a); on peut, dès lors, supposer la version anglaise erronée.

(a) A 3" 1/2 l'Alcide, ayant encore son pauillon et sa flamme, fit explosion. (Journal du contre-amiral Martin.)

part à cet engagement qui cessa après l'explosion de l'Alcide. L'amiral anglais leva la chasse à 12 milles de terre et prit le large. L'armée française mouilla à Fréjus, et quelques jours après, elle rentra à Toulon.

Le gouvernement ayant formé le projet de détruire les établissements des Anglais dans l'Amérique du Nord, le capitaine de vaisseau Richery, auquel cette mission fut confiée, sortit de Toulon, le 14 septembre, avec les vaisS6aUlX :

Canons.

86 Victoire. . . . . . . . . . capitaine Lemancq.
Jupiter.. . . • . . . . . . — Richery.
Barras.. . . . , . . . . . Maureau.

78 | Berwick. . . . . . . . . . — Dumanoir Lepelley.
Révolution.. . . . . . . . - Faye.
Duquesne. . . . . . . . . - Allemand (Zacharie).

et les frégates l'Embuscade, la Félicité et la Friponne.

Le commandant Richery avait ordre de se rendre d'abord à Saint-Domingue pour y prendre les vaisseaux le Fougueux et le Wattigny, ainsi que les frégates la Décade et la Néréide que le chef de division Thévenard (Alexandre) devait y conduire. Le capitaine de vaisseau Thomas le rallierait aussi, dans cette colonie, avec les frégates la duse, l'Insurgente, la Renommée, les corvettes la Doucereuse, l'Atalante et 5 flûtes chargées de troupes, et le capitaine Siméon, avec la frégate la Vengeance, la corvette le Berceau et 4 transports qui avaient également des troupes. Le commandant Richery devait se porter avec toutes ces forces réunies devant le Môle-Saint-Nicolas et le Port-auPrince, alors occupés par les Anglais, et surprendre les bâtiments qui se trouveraient sur ces rades. Mais c'était là la partie la moins importante de sa mission. Le Directoire pensait avec raison que les Anglais ne se maintiendraient pas longtemps à Saint-Domingue, et la position qu'ils avaient prise dans cette île ne l'inquiétait pas beaucoup. La division navale devait dévaster l'île anglaise de la Jamaïque, ruiner les établissements de la NouvelleAngleterre et ceux de Terre-Neuve; et, dans le cas où ses vivres le lui permettraient, terminer sa campagne par une croisière aux Açores. Le 7 octobre, à 150 milles dans l'Ouest du cap SaintVincent d'Espagne, la division française chassa un convoi anglais de 32 voiles qui allait de Smyrne en Angleterre sous l'escorte des vaisseaux de 82° FoRTITUDE, BEDFoRD, CENSEUR; de l'ARGo de 54°; des frégates JUNoN, LUTINE de 40°, et du brig de 12° TISIPHONE, aux ordres du contreamiral Linzee. A 2" 30" de l'après-midi, et après une assez courte canonnade, le CENSEUR, capitaine Gore, démâté de ses mâts de hune, amena son pavillon. Les deux autres vaisseaux et les frégates parvinrent à se sauver. Les navires du commerce furent moins heureux ; poursuivis par les frégates et bientôt par la division entière, deux seuls échappèrent. Le commandant Richery fit route pour Cadix avec ses prises; mais, par suite d'une convention avec l'Espagne, trois vaisseaux seulement entrèrent en rade; les autres jetèrent l'ancre devant Rota. Quelques jours après, l'entrée du port fut accordée à tous les vaisseaux. Le commandement du Censeur fut donné au lieutenant de vaisseau Lecourt, de la Félicité, et celui de cette frégate passa au lieutenant Oré du Jupiter. Les difficultés que le commandant Richery éprouva pour la vente de ses prises, l'obligèrent à faire sur la rade de Cadix un séjour plus long qu'il n'en avait d'abord eu l'intention. Le 17 décembre, il reçut un violent coup de vent pendant lequel la Victoire, le Duquesne et la Révolution cassèrent leurs câbles et furent jetés à la côte entre Santa Maria et Puerto Real; tous les autres vaisseaux cassèrent aussi des amarres. Le Duquesne et la Révolution étaient échoués sur un fond de vase d'où il fut facile de les relever; le troisième vaisseau, la Victoire, qui était sur un fond dur, fut aussi remis à flot, mais avec de nombreuses et graves avaries qui nécessitèrent son entrée immédiate au

bassin. Quelques bâtiments espagnols avaient également été portés à la côte. Les réparations nécessitées par l'échouage des trois vaisseaux prolongèrent encore le séjour de la division française sur la rade de Cadix; le commandant Richery y apprit sa nomination au grade de contre-amiral. Le 13 mars 1796, il arbora son pavillon à bord du Jupiter dont il donna le commandement au lieutenant de vaisseau Rochet. Quelques jours avant l'échouage des vaisseaux, le 12 décembre, la corvette le Scout, capitaine Duming, s'était perdue sur les Cochinos, à l'entrée de la rade de Cadix.

Quelque sévère que fût la surveillance exercée par les Anglais sur le port de Toulon, le capitaine de vaisseau Ganteaume (Honoré) parvint à tromper la vigilance des croiseurs, et le 10 octobre, il fit route pour le Levant avéc le vaisseau de - - 78 Républicain, dont il avait pris le commandement.

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de 42 Artémise. . - Standelet. les corvettes de 50° Badine. . . - Racord. ; et de 16 Hasard. - - - Bassière.

Les instructions du commandant Ganteaume lui enjoi· gnaient d'aller s'établir en croisière dans l'Archipel et de faire le plus de mal possible au commerce des ennemis de la République L'amiral anglais ne tarda pas à être informé de la sortie de la division française et il se mit à sa poursuite; mais le commandant Ganteaume fut assez heureux pour dérober sa marche à l'ennemi. A quelque jours de là, la division française fut cependant aperçue sur la côte de Sardaigne et, pour la seconde fois, son commandant parvint à dérouter l'amiral anglais sur ses intentions ultérieures.Après avoir fait une apparition devant Tunis où il laissa la Sérieuse qui était sortie de Toulon en même temps que lui, le commandant Ganteaume fit route à l'Est. La division fut dispersée, à l'entrée du golfe de Smyrne, par un coup de vent qui démâta la Justice de ses mâts de misaine et d'artimon. La Junon la remorqua aux Dardanelles ; le Républicain, l'Artémise et le Hasard entrèrent à Porto Sigri de l'île Mételin; la Badine avait été laissée en observation à l'entrée de l'Archipel. La frégate et les deux corvettes que la France entretenait dans le Levant étaient presque constamment retenues sur la rade de Smyrne par la présence d'une division anglaise. Il n'eût pas été impossible de surprendre cette division si le mauvais temps n'était venu déjouer les projets du commandant Ganteaume. La surprise étant impossible désormais, car son arrivée dans ces parages était connue, il prit la détermination d'aller aux Dardanelles. • ! l " i ii ,. Cependant les réparations de la Justice ne se faisaient qu'avec une extrême lenteur; le commandant Ganteaume ne pouvant prolonger davantage son séjour dans le Levant, se décida à y laisser cette frégate. Le 2 janvier 1796, il quitta les Dardanelles et il mouilla à Toulon, le 5 du mois suivant. Six prises avaient été le résultat de cette croisière. Le nouveau commandant en chef de l'escadre anglaise de la Méditerranée, amiral sir John Jervis, finit par connaître la destination de cette division qui, deux fois, avait échappé à son prédécesseur. Il envoya 2 vaisseaux et 4 frégates dans l'Archipel ; ces bâtiment furent aperçus, le 27 décembre, par la Badine qui se réfugia à Coron, en Morée. La LowEsToFFE l'y suivit; mais le capitaine de cette frégate respecta la neutralité de ce territoire et ne molesta pas la corvette française. La frégate la Justice rentra en France au mois de juil

let 1796.

Lorsque la Convention nationale apprit les succès de l'expédition partie l'année"précédente pour les Antilles, elle ordonna d'y envoyer de nouvelles troupes, des armes et des munitions. Prévenu du départ de ce convoi, le com

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