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Réunion de 40°, sortie le 18 octobre, aperçut le lendemain, dans l'Est, un bâtiment que le capitaine Déniau reconnut être une frégate anglaise. C'était en effet la CREsCENT de h4°, capitaine James Saumarez. Le vent était très-faible du S.-S.-E. A 10" 30" du matin, la tour de Barfleur restant à 6 milles dans le Sud, la frégate anglaise fut en position de tirer les premiers boulets à la Réunion qui courait comme elle bâbord amures. Toutes deux étaient préparées au combat ; aussi l'action s'engagea-t-elle de la manière la plus vive. Après trois quarts d'heure, la corne et la vergue de misaine de la Réunion étaient brisées et tombaient sur le pont; la drisse du grand hunier était coupée et la vergue portait sur le chouque. De son côté, la CRESCENT avait sa vergue de grand hunier coupée en deux et son petit mât de hune cassé au ras du chouque. Malgré ces avaries, la frégate anglaise parvint plusieurs fois à prendre son adversaire d'enfilade. A 11" 15", la brise en passant au O.-N.-O., plaça la Réunion au vent. Les avaries de la frégate française étaient de nature à ne pas lui permettre de se maintenir le cap au Sud, ainsi que le désirait son capitaine ; elle arriva vent arrière, s'exposant ainsi au feu d'écharpe de la CRESCENT qui fut si bien dirigé, que le pavillon de la frégate française était amené avant que sa manœuVre eût pu indiquer quelle avait été l'intention de son capitaine. Il était alors midi. Une seconde frégate anglaise, la CIRCE de 32°, arrivait de l'Est sous toutes voiles ; elle prit une partie de l'équipage de la Réunion. La Réunion portait 26 canons de 18 10 — de 6 et h caronades de 36. La CRESCENT — 26 canons de 18 10 de 9 et 8 caronades de 18.

La frégate de 40° l'Uranie, capitaine Tartu, l'une de celles qui croisaient dans le golfe de Gascogne, s'empara, vers le milieu du mois d'octobre, de la corvette espagnole ALCoUDIA de 16° qui amena aux premiers coups de canon. . La majeure partie de son équipage ayant été prise à bord de la frégate, cette augmentation de personnel obligea le capitaine Tartu à faire route pour rentrer à Brest. Il n'était plus qu'à quelques milles dans le Sud de l'île d'Ouessant, avec une jolie brise d'Ouest lorsque, le 24 octobre à 8" du matin, il aperçut dans le N.-N.-E. un fort bâtiment courant au S.-S.-O. Il tint le plus près bâbord amures et il lui fut bientôt possible de reconnaître un bâtiment de guerre : c'était la frégate anglaise de 32° THAMEs, capitaine James Cotes, qui se rendait à Gibraltar. A 10" 30", les deux frégates étaient à portée de canon et, en laissant un peu arriver, l'Uranie put envoyer sa bordée de bâbord. La frégate anglaise riposta de suite, et laissant arriver à son tour, elle passa à poupe de l'Uranie et prit poste par son travers de tribord. Le combat continua dans cette position ; mais après trois quarts d'heure, le feu de la frégate anglaise diminua d'une manière sensible. C'est qu'alors sa muraille portait de nombreuses traces de la justesse du tir des canonniers français et les pièces de sa batterie étaient en grande partie hors de service. Le capitaine Cotes ne laissa pas longtemps l' Uranie jouir d'un semblable avantage. Lançant sur bâbord et passant de nouveau à poupe de la frégate française, il alla prendre de ce bord le poste qu'il avait occupé de l'autre côté. Le feu de la THAMEs reprit alors toute sa vigueur; mais bientôt on vit tomber sa vergue de grand hunier et peu après, celles du petit hunier et du perroquet de fougue. Ces avaries devaient faire pressentir la fin prochaine de la lutte et l'équipage de l'Uranie redoubla d'ardeur. Dans ce moment, le capitaine Tartu eut une jambe emportée par un boulet : le lieutenant Wibert le remplaça dans le commandement. Le capitaine Cotes profita de la stupeur qui résulta de cet événement pour s'éloigner. Quoique entièrement dégréée, l' U

ranie devait avoir encore un avantage de marche sur son adversaire. Le lieutenant Wibert craignit cependant que, dans le cas où il lui faudrait engager une nouvelle lutte, les prisonniers espagnols ne profitassent de l'affaiblissement de l'équipage pour se soulever; l'armement des prises faites depuis le commencement de la croisière lui avait déjà enlevé une soixantaine d'hommes. Convaincu d'ailleurs que la frégate anglaise ne tarderait pas à être aperçue par quelque croiseur français, il abandonna son ennemi à moitié vaincu et fit route pour Rochefort.

L'Uranie portait 26 canons de 12

10 - de 6 et 4 caronades de 36. La THAMES 26 canons de 12 et 6 - de 6.

Le lieutenant Wibert ne s'était pas trompé; la THAMEs n'échappa à l' Uranie que pour être amarinée par une autre frégate française. Ces deux frégates s'étaient à peine perdues de vue, que la première fut chassée par la Carmagnole de 38°, capitaine Allemand (Zacharie). Une bordée suffit pour faire amener la frégate anglaise qui était hors d'état de recommencer un nouveau combat. La Carmagnole entra à Brest avec sa prise à la remorque (1).

Afin d'éterniser dans la marine le nom du capitaine de

(1) Je lis dans une note du Précis sur la vie et les campagnes du viceamiral Martin, donnée par M. Pouget comme extraite de l'Histoire de Rochefort, que, le 2 brumaire an II (25 octobre 1795), la frégate la Cléopâtre, attaquée par deux frégates anglaises, allait succomber si l'Uranie, qui rentrait à Rochefort, ne fût arrivée à temps pour l'assister; et que les frégates ennemies capturées furent conduites dans la Charente. Cette version est erronée. Si j'ai emprunté à l'historien anglais James, génèralement bien informé, le récit du combat de la Cléopâtre, lequel eut lieu le 17 juin et non le 2 brumaire (23 octobre), j'ai eu entre les mains le rapport quiconstate que le combat de l'Uranie fut isolé; qu'elle ne combattit qu'une seule frégate anglaise ; que ce fut la Carmagnole qui fit amener cette dernière et la conduisit à Brest. L'Uranie avait pris la route de Rochefort.

l' Uranie, qui mourut le lendemain du combat, cette frégate fut nommée la Tartu.

Les frégates de 32° la Melpomène, la Minerve et la Fortunée, capitaines Gay, Allemand (Zacharie) et Maistral (Désiré), et le brig de 18° la Fléche, capitaine Allemand (Joseph), se rendant de Tunis en Corse, furent chassés, le 22 novembre, par le vaisseau anglais AGAMEMNON de 72°, capitaine Horatio Nelson, qui croisait sur la côte occidentale de la Sardaigne, A 8" 15" du matin, la Melpomène qui était de l'arrière fut jointe et engagea le combat. La Minerve laissa aussitôt arriver pour la soutenir ; mais le vaisseau anglais ne l'attendit pas; il s'éloigna avant que cette frégate fût en position de lui envoyer des boulets. La Melpomène se rendit à Bastia; les deux autres frégates et le brig entrèrent à Saint-Florent.

Le 25 novembre le capitaine Riouffe de la frégate de 36° l'Inconstante, parti du Port-au-Prince de Saint-Domingue avec deux navires qu'il conduisait au port du Petit Trou aperçut deux navires par le travers de la petite Goave; il était alors 1" du matin. Le capitaine Riouffe s'en inquiéta peu d'abord; persuadé, on ne sait trop pourquoi, que c'étaient des navires du commerce, il ne fit aucune disposition de combat et il s'écoula quelque temps avant qu'il donnât l'ordre de faire lever l'équipage. Cette mesure était indispensable, car les câbles, montés des deux bords dans la batterie, avaient été relevés sur les canons pour la nuit (1). Vers 1" 30" on put, de l'Inconstante, hêler ces

(1) L'emploi des câbles en chanvre est devenu si rare dans la marine, qu'il n'est pas hors de propos de rappeler comment on s'en servait. Les câbles, sortis de la cale, étaient élongés dans la batterie lorsqu'on approchait du mouillage ; on appelait cela prendre la bitture. Quand on naviguait dans des parages où il pouvait devenir nécessaire de laisser tomber une ancre au fond, la bitture restait prise et, au moment du coucher de l'équipage, on relevait le câble sur les canons ou on l'accrochait aux barrots.

bâtiments. Cela était presque inutile, car la nuit était belle et la lune qui éclairait l'horizon permettait de distinguer le pavillon de la Grande-Bretagne flottant à leur corne ; c'étaient les frégates anglaises de 40° PENELoPE et IPHIGENIA, capitaines Samuel Rowley et Patrick Sainclair. Cellesci avaient également reconnu le pavillon de la République, car elles hêlèrent de l'amener. Le capitaine Riouffe laissa de suite arriver vent arrière, et engagea avec les frégates ennemies une canonnade de chasse et de retraite qu'il fit bientôt cesser en ordonnant d'amener le pavillon. Dans ce moment l'IPHIGENIA fut découverte par tribord. L'officier de la batterie n'ayant pas encore été prévenu de ce qui se passait sur le pont, commanda de tirer sur elle. La frégate anglaise riposta par une bordée qui fut funeste au capitaine de l'Inconstante : il tomba grièvement blessé. Le feu cessa dès qu'on sut dans la batterie que le pavillon était amené. Un officier de la PENELoPE était déjà à bord et prenait possession de la frégate française qu'il conduisit à la Jamaïque. Le capitaine Riouffe y mourut de ses blessures.

L'Inconstante avait 26 canons de 12,

6 de 6

et 4 caronades de 36.

La PENELoPE et l'IPHIGENIA portaient

chacune 26 canons de 12,

6 de 6

et 8 caronades de 18.

Noirmoutiers était au pouvoir des royalistes depuis le 12 octobre. Cette île avait une importance trop grande,par suite de sa position sur la côte de la Vendée, pour que le gouvernement ne tentât pas promptement de la reprendre. Le capitaine Pitot, de la frégate la Nymphe, reçut l'ordre d'aller l'attaquer avec la corvette le Fabius, capitaine Lecour, l'aviso la Cousine, capitaine Villedieu, et la canonnière l'Ile-d'Yeu, capitaine Bertrand. Ces bâtiments appa

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