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cas, on met la cendre dans un cuvier, dont on a garni le fond d'une couche de paille; on verse de l'eau sur les cendres jusqu'à ce que le liquide recouvre les cendres; on laisse reposer pendant cinq à six heures, après quoi on ouvre la douille adaptée au bas du cuvier pour faire couler la lessive. Si elle marque dix degrés au plus, on la conserve pour l'usage; si elle marque moins, on la fait tiédir et on la reverse sur la cendre jusqu'à ce qu'elle ait acquis un degré convenable. Lorsque la lessive est trop forte, on la ramène à dix degrés, en y mettant de l'eau ou de la lessive foible. On coule de la lessive foible et chaude à travers les cendres , jusqu'à ce qu'elles soient épuisées de tout le sel qu'elles contiennent.

3°. Lorsque le linge est bien imbibé de lessive, on le laisse reposer dans le cuvier pendant toute la nuit.

4°. On porte alors le linge imprégné de lessive dans la cuve à vapeur; on place le linge gros par-dessous et le fin par-dessus; on ferme le couvercle et on allume le feu sous la chaudière, dans laquelle on met un tiers à peu près de la lessive à couler. Cette lessive ne tarde pas à bouillir, les vapeurs s'élèvent dans la cuve , la masse du linge s'échauffe peu à peu; et, au bout de quatre à six heures, selon la quantité et la nature du linge, on arrête le fetf.

5°. On porte le linge à la rivière; on le lave avec soin, en le frottant et l'exprimant avec les mains; on le rince ensuite à grande eau , on l'exprime, on l'égoutte et on le fait sécher.

Il est rare qu'on soit forcé de recourir au savon pour enlever des taches qui aient resisté à la lessive.

Il y a seize ans que, sur l'invitation du comité de salut public , dans ces temps malheureux . où le savon est devenu aussi rare que cher, je fis quelques recherches sur les moyens de suppléer à ce produit de nos fabriques du Midi. Je proposai alors de faire dans chaque ménage une lessive savonneuse aussi facile qu'économique. Le procédé consiste à mêler un peu de chaux vive avec la cendre de nos foyers ( une livre de chaux sur cinquante de cendres) , à lessiver ce mélange par les procédés ordinaires, et à combiner avec cette dissolution un peu d'huile d'olive de la seconde qualité , connue dans le commerce sous le nom fthuile de fabrique. On prend à cet effet de la lessive à . deux degrés; on y mêle l'huile dans la proportion d'un vingt-cinquième du volume; il en résulte «ne eau blanche et savonneuse qu'on agite pendant quelque temps; c'est cette eau dont on se sert pour savonner le linge; elle produit

les meilleurs effets, et en l'employant pour des lessives de ménage, on obtiendra une grande économie comparativement au savon et à la soude.

On peut former ce savon avec la soude ordi* naire, si l'on veut éviter le lessivage des cendres.

Mais, indépendamment des taches que la lessive peut enlever, il en est d'autres sur lesquelles elle n'a aucune action; telles sont celles de rouille, d'encre, de boue de ruisseau, de fruits, de cambouis, etc. Il faut néanmoins que le buandier connoisse les moyens de les faire disparoître; il faut même qu'il recherche et enlève ces taches avant de lessiver le linge, car l'alkali, l'eau et le savon rendroient cette opération bien plus difficile après le lessivage, qu'elle ne l'est lorsque le linge n'a pas été encore mouillé.

Pour donner une instruction sur ce sujet aussi simple que sûre , nous distinguerons les taches de linge en trois classes : la première comprendra les taches de rouille ou de fer; la seconde , celles de fruits; la troisième, celles de quelques corps gras, tels que les résines et préparatifs de peintures.

Le fer porté sur le linge peut s'y trouver à divers degrés d'oxydation; il peut former des taches noires, jaunes ou rougeâtres; chacun de ces états exige des procédés particuliers.

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Lorsque lefer forme des taches noires, on peut les enlever avec un foible acide quelconque; mais dans ce cas, je préfère l'acide sulfureux, ou la crème 4e tartre, comme les moins coûteuxet les moins dangereux. Si l'on emploie l'acide sulfureux, on humecte la tache avec l'eau , et onl'expose à la vapeur du soufre en combustion. Si l'on veut employer la crême de tartre, on la réduit en poudre, pour en recouvrir la tache, on l'humecte avec l'eau, on la laisse agir quelque temps, après quoi on frotte avec le plus grand soin. On peut aussi se servir avec avantage du sel d'oseille, qu'on traite comme la crême de tartre. On emploie encore à cet usage le jus de citron. Les taches d'encre peuvent être enlevées par tous ces agens. Lorsque le fer est plus oxydé, et qu'il forme des taches jaunes, le plus sûr, le plus actif de tous les agens est l'acide oxalique, qu'on emploie comme la crême de tartre, ou le sel d'oseille.

M. Guiobert, de Turin, a proposé de faire rétrograder l'oxydation du fer dans les taches jaunes ou rouges, en les recouvrant d'un peu de graisse fondue, qu'on tient pendant quelque temps à l'état liquide, à l'aide d'une légère cha^ leur; il observe qu'après cette opération, on peut enlever ces taches avec un acide très-affoibli.

Mais si l'on a à combattre des taches de fruits, il faut recourir à d'autres moyens.

Lorsqu'elles sont récentes , il suffit du lavage de l'eau pour les faire disparoître. Mais lorsqu'elles ont vieilli sur le linge, on a recours à d'autres procédés, et l'on emploie, ou l'acide sulfureux, d'après la méthode que nous venons de décrire, ou l'acide muriatique oxygéné. Ce dernier est plus puissant que le premier, mais il est difficile de le conserver sans qu'il perde de sa force ; il exhale, en outre, une odeur insupportable. C'est pour obvier à ces deux inconvëniens, qu'on le combine avec un peu de potasse, et dans cet état, il est connu à Paris, sous le nom de lessive de Javelle, ou eau de Javelle. Cet acide a la propriété d'enlever toutes les taches de fruits, et dé faire disparoître aussi celles d'encre.

Lorsque les taches sont formées par des résines ou des vernis , on se sert, avec avantage, de l'esprit-de-vin , de l'eau de la reine de Hongrie , de l'eau de lavande, ou de quelques essences, dont l'huile essentielle de térébenthine fait la base.

Souvent on est obligé de ramollir la tache avec un fer chaud, pour faciliter l'action de ces dissolvans; on emploie même alternativement, pour plus de succès, les essences et l'espritde-vin.

Presque partout on jette, devant la porte,

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