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suite du cuvier par la bonde placée au fond sur le côté. Cette lessive est reportée avec soin et sans interruption sur la couche de cendres; on continue cette manœuvre pendant un jour, puis on lessive à chaud pendant quinze à dix-huit heures. Mais le plus souvent on coule la lessive à chaud, et à cet effet on commence par faire chauffer l'eau dans la chaudière avant de la verser sur les cendres : à mesure qu'elle s'écoule par le bas, elle se rend dans la chaudière sous laquelle on entretient toujours du feu ; on la reporte ensuite sur la cendre, et on procède sans interruption pendant vingt-quatre heures; mais comme la cendre seule ne concourt qu'en partie au nettoyage complet du linge, on y supplée par une quantité plus ou moins considérable de soude ou de potasse, selon Valkanité ou le degré de force des cendres. On fait dissoudre ces sels dans la chaudière pour en porter la dissolution sur le cuvier, où on les mêle avec la cendre, après les avoir convenablement broyés; on les emploie dans la proportion d'une à deux livres par cent pesant de linge. 11 y a des personnes qui, pour rendre leur lessive plus caustique et obtenir plus de force d'une quantité déterminée de soude, de potasse ou de cendre, y mêlent de la chaux vive : cette méthode est condamnable, en ce qu'elle tend à détruire le linge; la chaux vive doit être sévèrement proscrite.

Comme le savon et la soude sont des objets très-chers, on a cherché à les remplacer par d'autres substances: les argiles blanches et savonneuses ont été employées à cet effet. On se sert presque généralement, en Angleterre, de la fiente de cochon, qui est imprégnée d'un vrai savon de soude provenant du foie de l'animal; mais le linge qu'on savonne avec cette matière, conserve une légère odeur de graisse qu'il est difficile de lui ôter.

Après le coulage , on procède au retirage, c'est-à-dire, qu'on enlève le linge du cuvier pour le porter à la rivière; le retirage doit se faire peu à peu et à fur et mesure des besoins qu'en a la buanderie. Le linge se maintient chaud dans le cuvier ; et lorsque le temps ou le manque de bras ne permettent pas de le laver avant qu'il soit refroidi, on a l'attention d'y entretenir la chaleur en y versant dessus de l'eau chaude.

A mesure qu'on retire le linge du cuvier, on le travaille avec soin dans une eau propre et courante; on le dépouille de toute sa lessive, et par conséquent de toutes les impuretés qu'elle a dissoutes : alors le linge a acquis ce qu'on appelle le blanc de lessive, il ne s'agit que de le bien exprimer et de le faire sécher.

Mais trop souvent la lessive n'a pas enlevé toutes les taches, et la partie de linge qui en reste salie, a besoin d'une autre opération qu'on appelle savonnage. A cet effet, on couvre la tache d'un peu de savon, on la trempe dans l'eau, on frotte avec les deux mains, et on manœuvre }us(ju à ce que la tache ait disparu.

Dans ces diverses opérations, on a recours fort souvent, et constamment dans certains lieux, à l'usage des battoirs et des brosses; nul doute qu'on n'accélère l'opération, mais c'est toujours au détriment du linge ; ces instrumens devroient être bannis de toutes les buanderies.

Le linge ainsi blanchi n'a besoin que d'être séché; mais comme il importe que cette opération soit prompte, pour que l'humidité ne le détériore pas, et comme d'ailleurs on ne peut pas répondre d'un temps constamment favorable , on doit l'exprimer avec soin, afin d'enlever, par cet effort mécanique, le plus d'eau possible et de laisser le moins à faire à l'air. C'est dans ces vues qu'on a introduit dans quelques établissemens l'usage des presses et celui des étuves; il faut convenir que dans les grandes buanderies il y a de l'avantage à réunir ces deux moyens. Un point bien important et qu'on néglige trop dans les buanderies, c'est de sécher le linge aussi parfaitement qu'il est possible -, car, lorsqu'on le rend humide du blanchissage, ce qui n'arrive que trop souvent, il porte avec lui un germe de destruction, dont il est difficile d'apprécier tous les progrès. Si, dans cet état d'humidité , on l'enferme selon l'usage, dans des armoires souvent humides, et où l'air ne se renouvelle jamais, il ne tarde pas à fermenter et à exhaler une odeur de pourri qui annonce sa destruction. Une ménagère sage et prévoyante qui reçoit du linge dans cet état, doit le déplier, l'exposer au grand air, et ne l'enfermer que lorsque le toucher lui prouve qu'il n'y reste plus aucune trace d'humidité.

On a trouvé une nouvelle manière de blanchir à la vapeur; plusieurs expériences, faites en grand par d'habiles chimistes, semblent prouyer qu'elle est préférable à toute autre. En voici le procédé, tiré, ainsi que tout ce qui précède, sur la lessive, de l'excellent et utile ouvrage intitulé : Nouveau Cours complet d'agriculture théorique et pratique, etc., par les membres de la section d'agriculture , de l'Institut de France , etc.

Blanchissage à la vapeur.

i°. On échange le linge à l'eau ordinaire; on le laisse bien tremper; on le frotte à la main , surtout les pièces et les parties qui sont sales; on le laisse macérer dans l'eau pendant quelques heures , après quoi ou le rince dans une nouvelle eau, et de préférence dans une eau courante, pour enlever et entraîner de suite tout ce que l'eau et le frottement ont pu dissoudre et détacher. Dès que le linge est bien lavé, on l'exprime avec soin.

2°. Le linge exprimé et bien égoutté est placé dans un cuvier où on l'étend pièce à pièce; là, on l'imprègne à mesure dans une eau de lessive, dont nous allons donner la composition: on frotte à la main avec cette lessive les parties les plus sales.

On forme la lessive de douze livres de sel de soude, d'une livre de savon et de cinquante pintes d'eau douce ( en supposant qu'on opère sur cinq cents pesant de linge). Pour éviter que la dissolution de savon et de soude ne se caillebote , on dissout le savon dans cinq pintes d'eau tiède; on y ajoute peu à peu , et en agitant, dix pintes de la dissolution de sel de soude; on y verse ensuite le reste : la dissolution marque dix degrés de l'aréomètre des s,els; lorsqu'on l'a mêlée avec l'eau qui reste dans le linge qu'on en imprègne, le mélange ne marque plus que deux degrés.

On peut remplacer la soude par la potasse ou par une lessive de cendre: dans ce dernier

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