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Il faut veiller avec soin à la distribution et à l'emploi de la chandelle, de l'huile de lampe et de la bougie ; établir à cet égard des règles économiques , calculées sur les saisons ou la durée du jour.

L'article de la lingerie demande aussi la plus grande surveillance. Il faut avoir au moins trois grandes armoires, placées dans une pièce à l'abri de l'humidité, et destinée au repassage. Dans l'une , on met le gros linge de table et de lit des domestiques; dans l'une des deux autres, le linge courant de table et de lit des maîtres; dans la seconde, le linge de table , de lit et de toilette , réservé pour les étrangers. Chaque armoire doit renfermer un livret, contenant l'état du linge qu'elle renferme, signé par la personne qui se charge du linge, et qui répond du linge déposé dans l'armoire. Cette personne doit être chargée aussi de sécher le linge avant de le serrer, de le visiter, et de le faire soigneusement raccommoder; et quelque confiance qu'on ait en elle, les maîtresses de la maison doivent toujours la surveiller, pourconnoître si elle exécute exactement les ordres qui lui sont prescrits: <for le domestique le plus sûr et le plus affectionné se relâchera toujours un peu sur ses devoirs, s'il voit dans ses maîtresses de l'insouciance un dénûment total de surveillance. A l'égard du linge de corps et de toilette des maîtres, il doit être dans leurs appartenons, et il exige les mêmes soins.

On peut réduire en principes l'art si difficile de bien conduire les domestiques d'une grande maison.

i°. Les traiter avec une bonté constante, mais sans familiarité, sans conversations inutiles; ne s'entretenir avec eux que pour \twt bien expliquer ce qu'on désire d'eux, ou pour leur parler de leurs intérêts; les soigner affectueusement quand ils sont malades; payer exac* tement leurs gages, chose bien^gssentielle, et sans laquelle les domestiques sont à* la fois mé* contens et insolens. Un domestique bien payé, qui sait qu'on peut le renvoyer à toute heure, sans éprouver aucun embarras d'argent, est toujours respectueux et soumis. On doit encore lei bien nourrir, et leur donner quelquefois des gratifications.

2°. Leur persuader deux choses : qu'on les aime et qu'on les estime ; qu'on les croit incapables de manquer à la probité, mais qu'en même temps, on regarde comme un devoir de tout examiner, de tout voir par soi-même, de manière qu'ils ne puissent considérer la plus exacte surveillance que comme une habitude. Alors cette surveillance les contiendra sans les blesser.

3°. Montrer aux domestiques une extrême économie dans les plus petites choses, et l'aversion de toute espèce de gaspillage : si d'ailleurs on est en général libéral avec eux, ce caractère gagnera leur estime, et aura la plus heureuse influence sur leur conduite, et il contribuera beaucoup à établir et à maintenir un ordre désirable dans la maison.

4°. Leur donner en toutes choses l'exemple du respect pour la religion; exiger d'eux qu'ils en remplissent les devoirs extérieurs, comme d'aller a la messe , de faire maigre les jours prescrits, etc.; ne pas aller plus loin. Leur ordonner d'aller à confesse est une absurdité, puisqu'on risque, par cet ordre indiscret, de leur faire commettre des sacrilèges. On ne peut les engager à remplir ce devoir sacré que par insinuation et par l'exemple; mais si l'on a parmi ses domestiques des enfans , il faut être leurs instituteurs, et faire pour leur instruction religieuse,, ce qu'on feroit pour ses propres enfans.

5°. Des maîtres doivent, à de certaines époques de l'année, donner à leurs domestiques ces repas extraordinaires, qui répandent tant de gaîté parmi eux; on leur doit le dindon de la SaintMartin; un festin, particulier le jour des rois, le mardi gras, etc.

6°. Il faut que, dans une maison, chaque domestique ait son emploi fixe et déterminé; qu'un ou deux domestiques, tout au plus,soient chargés de faire les mémoires de dépenses sur dos livres , et que ces mémoires soient examinés et arrêtés tous les jours.

Une maîtresse de maison, lorsqu'elle a bien réglé toutes ces choses, peut, avec de l'intelligence , ne donner aux soins de sa maison qu'une heure et demie chaque jour; et quand elle reçoit du monde, elle n'a point l'air affairé, elle a ce calme qui sied si bien quand on fait les honneurs d'une maison. Des domestiques ne viennent point à chaque instant interrompre la conversation pour lui parler à l'oreille; elle a tout prévu, ses ordres sont donnes d'avance, tout s'exécute sans gêne, sans agitation, sans embarras; et cette aisance, preuve d'un ordre parfait, donne à une maison, une bonne grâce et une noblesse que l'on trouve rarement dans l'intérieur des femmes qui se piquent d'être bonnes ménagères , caries prétentions (et même les plus estimables) gâtent tout; et en ceci particulièrement, en voulant se faire valoir, on se déjoue.

Je n'oserois conseiller aux bonnes ménagères de porter des poches lorsqu'elles sont dans leursmaisons de campagne; cependant il est très-difficile de bien conduire une maison en égarant sans cesse toutes ses clefs; mais ne pourroient-elles pas, pour joindre l'élégance à la solidité, porter à leur côté une jolie clef bien façonnée, suspendue à une chaîne d'acier bronzé, ou même d'or? Cette clef renfermeroit le trousseau de toutes les autres clefs, et ce symbole d'ordre et de sûreté seroit l'attribut naturel d'une femme, çt une parure digne d'elle.

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